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On suit des cours de gestion du stress parce qu’on est surmenés.
Çà nous aide à tenir, c’est vrai, mais on finira bien par craquer.
A lever le pied, quelqu’un a du y penser ; mais l’entreprise doit produire en quantité, il faut continuer.
Soyons productifs, notre patron nous le rendra bien ; soyons productifs, si nous voulons être quelqu'un.
On sait qu’un jour on finira à genoux, mais en attendant, on prend des pilules pour tenir debout.
Hier soir à la télé, on nous a parlé de ces travailleurs qui vivent dans la pauvreté ; çà nous a révoltés.
N’en faisons pas une affaire puisqu’il y a les discounters, il paraît que chez eux, c’est vraiment pas cher.
Mais hier soir à la télé, un employé de ces magasins aux prix cassés a parlé, il serait mal payé.
On a du matériel sophistiqué pour communiquer.
On peut parler au monde entier depuis son mobile ou son PC.
Mais toi que je côtoie au quotidien, toi qui es juste à côté,
si tu veux me parler, s’te plaît, attends que j’aie raccroché.
Ils obéissent aux ordres sans un mot ; feront leur boulot mieux que des pros.
Magnifiques mécaniques, super cerveaux électroniques, voici les produits de la robotique.
Spectateurs fascinés, on regarde les machines s’animer de leurs mouvements si bien réglés.
Par leur ballet sans fin on s’est laissés envoûter car on reste les bras croisés.
Au progrès on attend, consentants, de céder notre emploi ;
car plus qu’une religion, au-delà de la foi, le progrès, on y croit.
Mère nature nous a mis au monde, on lui doit le respect.
Occupés par notre petit monde, on n’a pas vu qu’on la blessait.
Puis nos consciences se sont éveillées, de son existence on s’est rappelés.
Désormais, on sait qu’il est urgent de penser ses plaies,
mais on ne manque pas d’air, on continue d’abattre ses forêts.
Beaucoup sont d’accord sur ce point : la guerre c’est moche, c’est pas bien.
Puisqu’on semble partager cette idée, alors pourquoi toutes ces armées ?
Pourtant, nos bibliothèques sont pleines de livres d’histoire.
De la race humaine, on peut consulter la mémoire.
On les a déjà croisés ceux qui, en leur Dieu voulaient trop croire.
Livre après livre, il y a tant de guerres que l’homme a vécues.
C’est étrange cette impression de déjà lu.
Puisque le passé ne cesse de se répéter, de l’utilité de ces écrits je ne puis que douter ;
car force est de constater qu’aujourd’hui, au journal télé, on s’est encore déchirés.
N’essayez pas de trouver un sens à ces quelques lignes, car il n’y en a pas.
Par cette conclusion pourtant elles soulignent que quelque chose ne va pas.
De changer le monde, ces pensées n’en ont pas la prétention ;
mais se dire qu’il faudrait changer de direction,
c’est un premier pas et c'est déjà çà.

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