lundi 2 novembre 2009

United States of Paranoia.

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Je suis un Américain, là d’où je viens, la télé, on aime bien.
Le téléviseur est notre ami, nous accompagne dès le matin.
Il nous veut du bien, nous dit qu’il faut nous méfier,
que dans la rue, il y aurait des gens mal intentionnés.
Qu’il faut être sur nos gardes, surtout près des écoles,
il y a des balles perdues qui volent.
Car-jackings, agressions, holdups, vols à la tire… ;
il paraît que chaque jour çà empire.
Ils le disent aussi à la radio.
Çà ne peut pas être faux, c’est écrit même dans les journaux.

J’ai rencontré le voisin ce matin,
m’a fait remarquer que dans le secteur, çà devient malsain.
Il tenait un journal à la main, c’était en page vingt et un.
Des individus masqués ont visité la plus belle maison du quartier.
Envolés le poste de télé et l’argent qui traînait.
Ils ont aussi emporté du mobilier et une montre Cartier.
Ils étaient armés.

Les médias ne nous mentent donc pas,
c’est bien vrai tout çà et çà se passe près de chez moi.
Depuis, l’inquiétude occupe mon esprit.
Çà se pourrait qu’une nuit, ma maison soit visitée par un bandit.
Çà se pourrait qu’un jour, je sois victime d’une agression,
d’un junkie prêt à tout pour un peu de pognon.
Que faire ? Dois-je laisser la peur me gagner ?
Mais de son influence, la peur sait si bien jouer.
Trop d’images choc, de récits de violence,
je dois penser à ma propre défense.
Chez l’armurier je m’en suis donc allé.
C’est ainsi qu’un Smith & Wesson s’est blotti près de mon lit.
Je l’ai chargé, me voilà rassuré.
Au stand de tir, on m’avait coaché, au maniement de l’arme j’étais prêt.

C’était la nuit d’Halloween, on fêtait les morts, ironie du sort.
Au réveil, une heure du matin, je me souviens.
Çà venait du living-room, une musique électrique, un tube des années quatre-vingt.
Cette chanson, tout le monde la connaît bien,
Çà faisait : « Who ya gonna call? Ghostbusters… ».
Rapide, brûlante, l’angoisse me traverse.
Je m’assieds sur le lit, hésite un instant, puis enfin me décide.
En direction du living, je fais quelques pas, tout cela m’intrigue.
Sur le point de passer la porte de ma chambre, je stop net,
reste cloué sur place, car la musique s’arrête.
Je n’entends plus que des murmures, des chuchotements,
puis la même mélodie reprend.
Si c’est une blague pour l’Halloween, elle est plutôt flippante.
J’avais pourtant verrouillé tous les accès, précaution insuffisante.
Qui d’autre que des brigands oseraient entrer sans clefs ?
Ce sont des voleurs, j’en suis persuadé.
Pourquoi jouent-ils avec moi ?
Je ne comprends pas.
Et s’ils s’en prenaient à ma personne ?
Il est trop tôt pour que mon heure sonne.
De la réflexion, le réflexe prend la place.
Me voilà déjà dans le salon prêt à faire face.
Le revolver bien en mains, le doigt sur la gâchette,
cette musique m’angoisse, je prie pour qu’elle s’arrête.
Je reste muet, de leur silencieux ne veux être la cible.
Mes yeux cherchent des silhouettes invisibles,
car d’apercevoir les intrus j’esquisse l’espoir,
mais pour ne pas être vu, j’avance dans le noir.
La chanson prend fin, le silence revient.
Puis des hurlements de loups, une voix d’outre tombe, un rire malin,
voilà qu’on me balance la bande son d’un film d’horreur.
Bruitages efficaces, je sens se rapprocher la frayeur.
Je dois comprendre ce qui se passe, le long du mur, je cherche l’interrupteur.
Je le sens sous mes doigts, j’actionne le commutateur.
Brutale, la lumière fait apparaître le canon d’un fusil.
Un type masqué le porte sur son bras, il pourrait tirer.
Question de survie, je tire avant lui.
Sur le sol du living, je le vois s’écrouler.
Depuis l’autre côté de la pièce, quelqu’un se précipite,
retire sa cagoule, sur son visage, la panique !
Je l’entends encore qui crie : « C’est nous ! C’est mon frère ! »,
le revois qui s’agenouille et démasque son compère.
C’est bien eux, les fils du voisin, et l’un deux est à terre !
C’est le chaos dans ma tête, je ne sais pas quoi faire !
Le sang de Kyle a beaucoup coulé.
Je ne bouge pas, reste tétanisé.
D’agir, j’en suis bien incapable.
A réagir, Steven est le premier,
pour appeler les secours, se saisit de son portable.

Çà n’était pas des malfaiteurs mais juste deux ados,
deux gosses avec un pack à protons dans le dos ;
arme née de l’union d’un fusil et d’un sac à dos.
Arme pour chasseurs de fantômes qu’Hollywood a imaginée,
pour le rayon jouets de votre supermarché, en série elle est fabriquée.
Comment sont-ils entrés ?
Tout simplement avec le double de ma clef.
A l’insu de leur père l’ont empruntée, juste le temps d’une blague, pour se marrer.
Je m’en souviens maintenant, il y a longtemps, une clef confiée au voisin,
simple précaution en cas de besoin.

On n’était pas seulement voisins, on était amis, deux bons copains,
jusqu’à cette histoire qui fit de moi un assassin.
Histoire pas très drôle d’un canular qui a mal tourné.
Histoire pas très drôle, mais la mort a dû se marrer.
De mon plancher, Kyle ne s’est jamais relevé.
Des anges en blouse blanche, sur une civière l’ont emmené.
Des policiers en uniforme m’ont conduit jusqu’au banc des accusés.
Çà n’était que justice, jamais ne le contesterai.
Et des tas de gens m’ont jugé, des tas de gens m’ont blâmé parce que j’ai tiré.
Et c’est ainsi que pour moi, tout s’est terminé.

Si je vous ai conté cette histoire, c’est pour mieux nous interroger.
Que fait-on des médias distributeurs de peur, cette peur qui nous rend paranos, qui boost l’audience et fait vendre les journaux ?
Que fait-on du deuxième amendement de la Constitution ?
Punit-on ceux qui veulent nous faire croire qu’il existe pour notre propre protection ?
Messieurs les juges, avec un peu de bonne volonté, ne pourrait-on pas les arrêter ?
Messieurs les juges, je vous pose la question, n’y a-t-il pas incitation à l’autodestruction ?


Cliquez-moi ! Je suis un point de vue intéressant..
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Etonnant ! Publicité trouvée parmi d'autres publicités touristiques d'un motel aux USA. ( Vous comprendrez que le nom et l'adresse de l'établissement ont été camouflés. )

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1 commentaires:

Anonyme a dit…

ça n'a pas changé !!! C'est toujours la même chose ici en Floride

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