
L’homme blanc vous a parqués là, s’est approprié tout le reste.
Mon papa fût plus fort que le tien.
Le contraire aurait été aussi bien.
L’histoire de ton peuple te laisse un goût amer.
Bien sûr, ils ont pris les meilleures terres.
Des visages pâles, de vrais vampires,
du sang de tes ancêtres ont bâti leur empire.
Quand tu y penses, il y a comme un blanc qui ne te revient pas,
il est pourtant là, s’est installé chez toi.
Aujourd’hui, je traverse ta réserve.
De ma belle voiture de location, j’observe.
Maisons modestes, parcs à chevaux, vieilles voitures pas vraiment classes…,
à cette vie qu’on t’impose, il faut bien que tu t’y fasses.
Tu vis comme un blanc, il ne t’a pas laissé le choix,
l’a décidé pour toi.
Il a les mains tachées du sang des tiens.
La mémoire de ton peuple s’en souvient.
Tu ne veux pas être comme lui.
C’est pour cela qu’aujourd’hui, comme un indien tu survis.
Tu chassais autrefois le bison d’Amérique,
le suivais à travers les plaines, territoires infinis, liberté magnifique.
Puis un jour, ce type a débarqué.
Buffalo Bill, c’est ainsi qu’on l’appelait.
Le bison était son ennemi, mais au bout de son fusil c’est toi qu’il visait.
Chasseur mal intentionné, c’est ton peuple qu’il voulait affamer.
Depuis ces temps maudits, ton univers est devenu plus petit.
C’est au rayon boucherie que tu chasses le bison aujourd’hui.
Avec un peu plus de subtilité, ceci fut également essayé:
on t’a présenté ce Dieu que tu ne connaissais pas.
Çà aurait dû fonctionner, tu aurais dû marcher au pas,
mais l’esprit de ton peuple a refusé de taire sa voix.
Un nouveau Dieu, et pourquoi ?
Jusque là, mère nature a toujours pris soin de toi.
Mais l’homme blanc l’a soumise à ses besoins,
depuis, elle ne cesse de perdre du terrain.
Des routes, des buildings, de jolies maisons, çà pousse comme des champignons !
Sur tes terres on construit sans ta permission.
Contre la sagesse de tes pères, les bulldozers ont gagné.
Si c’est une victoire, pourquoi ce sentiment de culpabilité ?
Le blanc devient soudain une couleur difficile à porter.
Qu’a-t-on fait de tes pères, de leur connaissance millénaire ?
Ils savaient comme la nature est belle, ils auraient su la garder éternelle.
Mais tu connais ton histoire, bien placé pour savoir que John Wayne c’est du chiqué.
Ni ta rancœur, ni mes regrets ne changeront le passé.
Retour vers le futur, çà aussi, c’est du ciné.
A présent, le mal est fait.
C’est pour cela qu’à tous ceux qui imposent leurs lois je voudrais dire:
« A écraser et à détruire, quel plaisir ?
Si tu penses que ta façon de vivre est la meilleure, garde-toi bien de le dire.
De cette mauvaise idée pourrait naître le pire.
Nos différences sont si belles, ne nous battons plus contre elles.
Il vaudrait mieux, je crois, qu’on se batte pour elles. »

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