mercredi 12 novembre 2008

J’ai, donc je suis.

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Il me faut une montre sertie de diamants,
il faut que je m’habille de clinquant.
Quoi d’autre devrais-je posséder ?
Je voudrais tellement être respecté.
Peut-être qu’au volant d’une Bentley,
les gens m’aimeraient ?
La manière m’importe peu,
tous les moyens sont bons pour obtenir ce que je veux.
Aujourd’hui, j’ai réussi.
A la Bentley, j’ai préféré la Ferrari.
Pour entretenir mes relations,
c’est facile quand on a du pognon,
je les promène sur mon yacht par un bel après-midi,
et de retour à la marina de Miami,
direction ma superbe villa.
Jusqu’au bout de la nuit,
il y aura champagne et tequila.
Aujourd’hui, j’ai tout ce que je veux,
mais voilà, je ne suis pas heureux.
Je dois l’admettre, je me suis trompé.
Je ne crois plus que le bonheur soit de posséder.
A force de vouloir trop de choses, j’ai oublié les êtres.
Homme d’affaires toujours pressé, j’ai oublié d’être.
Comment savoir si quelqu’un m’a seulement aimé ?
Pour qu’on m’aime, n’aurais-je pas dû aimer ?
Chaleur humaine ou froideur des objets,
mon choix ne m’a laissé que des regrets.
Ma carrière de businessman est maintenant terminée.
Trop vieux et trop usé,
la course à l’argent, à d’autres je l’ai laissée.
C’est étrange comme depuis, mes amis se sont éloignés.
Je sais bien que dans le fond,
ils n’étaient que des relations.
Ils avaient juste besoin de se montrer à mes côtés.
Comment pourrais-je les blâmer ?
A ce jeu, j’y ai moi-même joué.
Seul avec tout ce qui m’appartient,
je sais que je ne serai bientôt plus rien.

J’ai, donc je suis,
une philosophie que la société nourrit.
Les temps modernes en ont fait une religion.
Venue de l’ouest, elle se propage telle une contagion.
Mais il n’y a pas lieu de s’inquiéter,
car c’est le bien qui est enseigné.

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