
Les mots s’adressent à l’âme, si sensible.
Facteur de la pensée, la parole les transporte à leur destinataire.
Sensible, avez-vous dit sensible ?
Toujours pressée, la pensée n’en a que faire.
Elle aime envoyer son courrier en express.
Le facteur, souvent victime du stress,
expédie les mots en un éclair.
Plutôt que de parler avec trop d’empressement,
parfois, il vaut mieux se taire,
car les mots ont pour cible les sentiments.
Le verbe, utilisé trop hâtivement,
court le risque d’être blessant.
Touchée, l’âme sera meurtrie.
Sur le visage couleront des larmes.
A force de blessures, l’âme, de plus en plus affaiblie,
pourrait avoir à l’esprit l’idée de prendre une arme.
La douleur gagnera-t-elle contre la vie ?
Le mental, à bout de force, n’empêchera plus le geste fatal.
Si vous ne croyez pas que les paroles peuvent causer autant de mal,
Je vous demande, au fond de vous, de garder le doute.
Après tout, de ne pas dire n’importe quoi, peu il nous en coûte.
Et même si le pluriel de « mal » est « maux »,
les mots peuvent aussi être doux et beaux.
Alors, plutôt que de faire souffrir,
n’y a-t-il pas un vieux proverbe qui essaye de nous dire
qu' avant de parler, il vaut mieux réfléchir ?

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